Dans la tradition pythagoricienne, la pratique de l'examen de conscience est une méthode pour apprendre à se connaître soi-même. "Le premier précepte que Pythagore donnait à ses disciples entrant dans la route de la perfection, écrit Fabre d'Olivet, tendait à les replier en eux-mêmes, à les porter à s'interroger sur leurs actions, sur leurs pensées, sur leurs discours, à s'en demander les motifs, enfin à réfléchir sur leurs mouvements intérieurs et extérieurs, et à chercher ainsi à se connaître." On retrouve là l'enseignement de Zoroastre : "Bonne Pensée, Bonne Parole, Bonne Action." Cet examen de conscience a un double but : l'un moral, propre à apprendre à se juger et à s'encourager au bien ; l'autre mnémotechnique, c'est-à-dire propre à fixer les souvenirs et à exercer la mémoire. Cet antique précepte de l'examen de conscience prescrit aux Pythagoriciens devint, avec le temps, un des préceptes favoris du Stoïcisme et du Néoplatonisme avant de passer dans le Christianisme, mais la morale chrétienne, en l'adoptant, le transforma. Ce n'est plus l'âme, dans le Christianisme, qui est son propre juge, c'est Dieu.