Dans chaque révélation, Hildegard décrit d'abord sa vision, puis elle rapporte avec exactitude les explications qu'elle a entendues venant de la "voix du ciel" : "Une voix du ciel retentit et s'adressa à moi en ces termes : "Que les hommes accèdent à la connaissance de leur Créateur, qu'enfin ils consentent à l'adorer dignement et à le vénérer ! Rédige donc cet écrit : non point comme le désirerait ton cœur, mais comme le veut mon témoignage, témoignage de Celui dont la vie n'a ni commencement ni terme ! Je n'ai pas inventé cette vision, aucun homme non plus ne l'a imaginée. C'est Moi qui ai décidé de tout, avant le début du monde. Je connaissais l'homme par avance, avant même que je ne le créasse. De même, je prévoyais tout ce qui lui faisait défaut (...)." " C'est d'ailleurs cette voix céleste qui lui explique le sens des symboles, des couleurs, des formes et des images qui défilent devant ses yeux telles les scènes d'une pièce de théâtre dont elle est spectatrice. Hildegard von Bingen se situe donc davantage comme une prophétesse que comme une mystique ou une théologienne : elle transmet une parole qui ne vient pas d'elle. Mais cette voix se fait également impérieuse : elle lui ordonne de révéler les secrets de Dieu au monde entier. Hildegard doit ainsi passer du statut de visionnaire à celui de missionnaire.