Au centre, la figure parabolique du Vieil Adam est identifiée au Soleil et plus particulièrement au soleil intérieur. Le Vieil Adam, c'est le tout premier humain masculin et féminin, androgyne dans son unité, le Rébis. Cette iconographie est une déclinaison d'une planche de l'Azoth, ouvrage d'alchimie de 1624 attribué à Basile Valentin dont Stolcius nous dit, la même année : "Ce vieillard est le fondement révélé de l'art hermétique, / Il est le soufre, le sel et le mercure, / Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut."
Le visage du soleil est inscrit dans un cercle et dans un triangle pointe en bas, lui-même repris dans le triangle rouge identifié au triptyque Spiritus (lune), Anima (soleil), Corpus (perpendiculaire). Cette tripartition "Sel, Soufre, Mercure" est classiquement associée à l'Âme, l'Esprit et le Corps. L'étoile à sept branches conjugue les planètes aux métaux, aux sept archanges, et scande l'acronyme V.I.T.R.I.O.L. Mercure, ou Hermès, brandissant le caducée et la Diane chasseresse tenant l'arc, encadrent la composition.
Les quatre membres humains équilibrent l'ensemble : une main tient le flambeau ou la torche, et l'autre, la truelle d'or destinée à sceller la première pierre du Temple avec le ciment mystique. Les deux pieds déterminent l'assise et la base puisque posés sur le même plan que la pointe inférieure du triangle. Tout en haut de la composition, on trouve les palmes croisées et la Colombe dont les ailes coiffent l'ensemble. Les couleurs dominantes sont le vert et le rouge.
La formule V.I.T.R.I.O.L. : "Visita Interiora Terræ Rectificando Invenies Occultam Lapidem" (Visite l'intérieur de la terre et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée) correspond à un passage du Livre du secret de la création, traité arabe du IXe siècle traduit au XIIe siècle du pseudo Apollonius de Tyane. Elle invite à rechercher la pierre cachée le long de la perpendiculaire, au centre de la terre. Nous pouvons repérer cette Perpendiculaire à la pointe basse du triangle qui représente le Corpus et la Pierre.
On peut se demander si ce tableau n'est pas davantage alchimique que maçonnique. Deux indices plaident pour cette hypothèse : d'une part la formule : "Ô vous qui du Grand Art comprendrez le mystère" est très alchimique et ne se rencontre nulle part dans les rituels maçonniques de Chevalier du Soleil. Le Grand Art n'est pas non plus explicitement l'Art Royal qui désigne souvent la Franc-maçonnerie. D'autre part, le premier mot de l'acronyme est Sidita et non Visita, ce qui signifie "Tiens-toi" ou "Reste" à l'intérieur de la terre (et non "Visite"), la formule ainsi écrite ne se rencontre pas non plus en maçonnerie.
En revanche, les autres motifs se retrouvent sur les tableaux de loge du 28° Grade. Cette image se situe donc, selon Dominique Jardin à qui j'emprunte cette conclusion, à l'exacte interface de l'alchimie et de la maçonnerie.